Marian Chace, la danseuse

Marian Chace débute sa carrière de danseuse, chorégraphe et enseignante, dans les années 1920 à New York, avec Ted Shawn et Ruth St. Denis dans le cadre de la compagnie Denishawn.

En 1930, elle s’installe à Washington où elle ouvre sa propre école et enseigne les idées et les méthodes qui lui ont été transmises.

Malgré un réel attachement à la scène, son intérêt pour l’enseignement devient de plus en plus prégnant.

Parmi ses élèves, beaucoup ne viennent pas pour devenir danseurs professionnels. Souvent lents et maladroits, ils continuent cependant à assister à son enseignement.

Marian Chace, déçue par leurs difficultés, reste dans un premier temps perplexe face à leur intérêt persistant pour la danse. Puis :

« En observant la communication non-verbale des individus qui prennent leurs premiers cours, j’ai commencé à comprendre et répondre aux besoins pour lesquels ils demandaient de l’aide ».

Au lieu de ressentir de la frustration quand ils ralentissaient les élèves plus habiles, j’ai essayé de compatir avec eux, en tant que personne.

Manifestement, mon enseignement changeait. Inconsciemment, mon attention pour tous les élèves est devenue un support pour eux en tant que personne aussi bien qu’en tant que danseur.

Pendant que les étudiants à l’école trouvaient leur satisfaction de différentes manières, je pense à la période entière des années 30 comme à une intense absorption, pour moi, dans l’étude concernant la communication non-verbale.

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L’approche thérapeutique de Marian Chace

Dans les années quarante, Chace commence à expérimenter la danse thérapie, bien que cette appellation ne soit pas encore utilisée.

Elle travaille parallèlement comme thérapeute et éducatrice, enseignant ses techniques au personnel d’une école pour enfants maltraités et plus tard dans un internat éducatif pour jeunes filles.

En 1942, elle commence à participer bénévolement au St. Elizabeth Hospital à un programme appelé La danse pour la communication, et un an plus tard intègre la Croix Rouge comme salariée.

Durant toute cette période, Chace maintient son double rôle de thérapeute et danseuse :

« Quand j’étais à l’hôpital, je me sentais nécessaire au studio, et quand j’étais au studio je me sentais nécessaire à l’hôpital ».

Sa recherche et son travail thérapeutique sont le prolongement de sa formation à Denishawn. Elle va s’inspirer de Ruth St. Denis qui propose la musique comme structure organisant le travail des danseurs.

On trouve notamment : La musique visualisation, un processus à travers lequel une certaine qualité de la musique est transmise par le mouvement et L’orchestre synchronique, un exercice ou chaque danseur représente un des instruments et va bouger quand celui-ci joue, deviennent des exercices couramment pratiqués.

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Le message humaniste de Marian Chace

Elle a été profondément influencée par les travaux de Sullivan, s’inspirant de son approche humaniste dans le milieu hospitalier. En effet, Sullivan, psychiatre américain, considérait que tout être humain a un désir de communication quelle que soit la gravité de sa pathologie.

Le Docteur Jay Hoffmann, médecin au St. Elizabeth Hospital, commente ainsi la pratique de Chace :

Quand l’on observe ces patients – patients psychotiques très malades – et Madame Chace qui dansent, on a l’impression qu’à travers ce médiateur les patients ont finalement trouvé la possibilité de sortir de leur monde restreint, de ‘parvenir à l’extérieur’ comme le dit l’un d’eux.

Leur mouvement semble libre, facile, confortable ; ils ondulent, et paraissent exprimer en émotion ou rythme ce qu’ils ne peuvent exprimer en mots ou en action sociale conventionnelle.

Qu’ils puissent faire cela est une contribution aux qualités particulières de Mme Chace comme danse thérapeute, mais c’est aussi un rappel pour nous qu’il existe peu, sinon aucun, patient vraiment « inaccessible ».

Au milieu des années quarante, Chace présente son travail en dehors du St. Elizabeth et est engagée à Chestnut Lodge, un établissement psychiatrique, où elle travaillera pendant vingt-cinq ans.

Au début des années soixante, Chace s’installe à New York où elle met en place à la Turtle Bay Music School le premier programme de formation en danse thérapie.

Peu après, elle est invitée en Israël par l’Académie de Musique et de Danse et le Ministère de la Santé.

Son travail est connu par quelques psychiatres et cette invitation s’avérera comme un essai réussi de diffusion de son enseignement.

Martha Graham est déjà présente en Israël, elle est en effet, directrice artistique de Bat cheva, première troupe israélienne de danse moderne.

En 1966, Marian Chace fonde l’Association de Danse Thérapie, dont, à la suite d’une élection, elle devient la première présidente.

Elle a su utiliser la danse comme outil de communication directe, d’expression, et d’interaction.

Chace laisse aussi derrière elle sa propre technique de thérapie de groupe, une méthode de traitement cohérente, complète, indépendante.

Et aussi des outils spécifiques, notamment le mirroring. Elle décède en 1970.

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Lecture :

CHACE, Marian, « Dance as adjunctive therapy with hospitalized patients. in Bulltin of the menninger Clinic, Vol 17, 1953.

CHAIKLIN, Harris, « Marian Chace : Her Papers », in American Dance Therapy Association, 1975.

CHAIKLIN, Sharon, SCHMAIS, Claire (1979), The Chace approache to dance therapy, in Lewis P. Theoretical approaches in danse therapy, US, Kundall/Hunt, 1986.

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