Dans un monde sans vide, tel que le conçoit Descartes, toutes les portions de la matière se pressent les unes contre les autres, créant une chaîne de réactions continues qui donnent aux corps leur forme.

C’est l’arrangement (la « disposition ») des organes qui impose la forme et qui permet à un corps de se mouvoir.

Pour autant, l’utilisation du modèle mécaniste présente des limites particulièrement sensibles lorsqu’il s’agit d’éclairer le corps humain car celui-ci est étroitement « joint et uni » à une âme qui lui donne son unité.

C’est parce que, dans les faits, le corps vivant de l’homme ne se dissocie jamais de l’âme à laquelle il est uni qu’il n’est pas seulement un corps, même si, d’un point de vue ontologique, on parle bien de deux substances distinctes.

Le corps humain, pour sa part, entretient un lien particulier avec son âme à telle enseigne que là où l’histoire individuelle intervient, elle infléchit le cours des opérations strictement mécaniques, ce qui conduit à remplacer la notion de réflexe par celle d’habitude[1].

Ces habitudes seront les lignes de caractère singulières caractérisant le mouvement de chaque corps, elles sont configurées par l’histoire de la rencontre du corps à travers son âme avec les événements de vie, tels qu’ils sont enregistrés dans la forme corporelle.

Autrement dit : Le mouvement est l’expression de l’âme au niveau individuel.

 

Bibliographie :

Descartes, R., « Traité de l’homme », Œuvre philosophique, Bordas, Classiques Garnier, Paris, 1988.

[1] R. Descartes, « Traité de l’homme », Œuvre philosophique, Bordas, Classiques Garnier, Paris, 1988.

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